La convention de reclassement personnalisé

La convention de reclassement personnalisé

La crise économique et financière se traduit actuellement par de nombreux licenciements économiques. Les entreprises de moins de 1000 salariés sont tenues de proposer aux salariés, dont le licenciement économique est envisagé, une convention de reclassement personnalisé (CRP).

Quels sont les tenants et les aboutissants de cette convention et quels sont les droits des salariés ?

Quels sont les employeurs visés ?

Sont concernées par la mise en place de la CRP :
les entreprises non soumises à l'obligation de proposer le congé de reclassement, c'est-à-dire les entreprises de moins de 1000 salariés,
les entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire, quelle que soit leur taille.

Quels sont les salariés concernés ?

Les salariés concernés sont ceux dont le licenciement économique est envisagé et qui répondent aux 5 conditions suivantes :
  • avoir au moins 2 ans d'ancienneté chez l'employeur,
  • justifier des périodes d'affiliation requises pour avoir droit à l'allocation chômage, c'est-à-dire avoir travaillé au moins 6 mois au cours des 22 derniers mois,
  • être totalement privé d'emploi,
  • être physiquement apte à occuper un emploi,
  • résider en France métropolitaine, dans les DOM ou à Saint Pierre-et-Miquelon.
Toutefois, les salariés ayant moins de 2 ans d'ancienneté et remplissant les autres conditions peuvent bénéficier de la CRP. Ces salariés se verront appliquer certaines règles particulières :
  • le montant de l’allocation versée pendant la CRP est égal au montant de l'allocation chômage, et la durée de son versement ne peut en aucun cas excéder celle à laquelle ils auraient pu prétendre au titre de l’allocation chômage,
  • l’indemnité différentielle n’est pas due en cas de reprise d’un emploi salarié moins bien rémunéré que le précédent,
  • le salarié a droit au versement de l'indemnité compensatrice de préavis.

Quelle procédure est applicable ?

  1. Information du salarié
L'employeur est tenu d'informer chaque salarié concerné, individuellement et par écrit, de la possibilité d'adhérer à la CRP.

Le document remis au salarié doit comporter les mentions suivantes :
  • la date de remise du document faisant courir le délai de réflexion,
  • le délai imparti au salarié pour donner sa réponse,
  • la date à partir de laquelle le contrat de travail est rompu, en cas d’acceptation de la CRP.
Ce document est remis au salarié lors de l'entretien préalable au licenciement, ou à l'issue de la dernière réunion des représentants du personnel.

L'employeur doit demander au Pôle Emploi de lui fournir les documents nécessaires à la mise en œuvre de la CRP.

  1. Décision du salarié
Le salarié dispose de 21 jours à compter de la proposition (date de remise du document) pour accepter ou refuser la CRP.

Au cours de ce délai de réflexion, il bénéficie d’un entretien d’information réalisé par le Pôle Emploi et destiné à l'éclairer dans son choix.

  • Si le salarié accepte la CRP, il doit en informer son employeur avant l'expiration du délai de 21 jours. Le salarié remet alors à l'employeur le bulletin d'acceptation complété et signé. Le contrat de travail est alors rompu d'un commun accord des parties à la date d'expiration du délai de réflexion. La CRP prend effet dès le lendemain de la rupture du contrat.
Le salarié a droit à une indemnité de licenciement. En revanche, le préavis n'étant pas observé, l'indemnité compensatrice de préavis n'est pas due (sauf cas particuliers).

  • Si le salarié refuse la CRP, la procédure de licenciement économique se poursuit. Le salarié aura droit à l'allocation chômage.

Remarque: L'absence de réponse du salarié au terme du délai de 21 jours vaut refus du salarié.

Quelles sont les mesures de reclassement personnalisé ?

Dans les 8 jours suivant la date d'effet de la CRP, le salarié bénéficie d'un entretien individuel de pré-bilan permettant l'examen de ses capacités professionnelles. Cet entretien permet de déterminer les actions de formation nécessaires à son reclassement. Les mesures retenues d'un commun accord sont proposées au bénéficiaire de la convention, au plus tard un mois après l'entretien.

Le plan d'action de reclassement peut comprendre les mesures suivantes :
  • un bilan de compétences permettant d’orienter dans les meilleures conditions le plan d’action,
  • des mesures d’appui social et psychologique,
  • des mesures d’orientation,
  • des mesures d’accompagnement,
  • des actions de validation des acquis de l’expérience (VAE),
  • des mesures de formation.
Ces engagements sont formalisés dans une convention signée entre le salarié et le Pôle Emploi.

Quelles sont les modalités de versement de l'allocation spécifique de reclassement ?

Pendant la durée de la CRP (12 mois maximum), le salarié reçoit une allocation spécifique de reclassement.

Le montant de cette allocation est calculé sur la base du salaire mensuel brut perçu en moyenne au cours des 12 mois précédant le licenciement.

Pour les salariés ayant au moins 2 ans d'ancienneté
, le montant de l'allocation est égal à 80 % du salaire de référence les huit premiers mois et à 70 % les quatre mois suivants.
Cette allocation ne peut être inférieure à l'allocation chômage qu'aurait perçue le salarié s'il n'avait pas accepté la CRP.
En outre, pendant les 3 premiers mois, elle ne peut être inférieure à 80 % du montant journalier brut de l’indemnité de préavis que le salarié aurait perçue s’il n’avait pas accepté la CRP.

Pour les salariés ayant moins de 2 ans d'ancienneté, l'allocation est égale au montant de l'allocation chômage.

Quel est le rôle de l'indemnité différentielle de reclassement ?

Lorsque le salarié reprend un emploi salarié avant le terme de la CRP, il peut prétendre à une indemnité différentielle de reclassement sous deux conditions :
  • avoir au moins 2 ans d'ancienneté
  • la rémunération du nouvel emploi doit être, pour un nombre identique d’heures hebdomadaires de travail, inférieure d’au moins 15 % à la rémunération de l’emploi précédent.
Le montant mensuel de l'indemnité différentielle est égal à la différence entre 30 fois le salaire journalier de référence servant au calcul de l’allocation spécifique de reclassement et le salaire brut mensuel de base de l’emploi repris.

Cette indemnité permet de compenser la baisse de rémunération subie par le salarié. Elle est versée par le Pôle Emploi, mensuellement et pendant maximum 12 mois, dans la limite d'un plafond égal à 50 % des droits résiduels à l'allocation spécifique de reclassement.

Pour bénéficier de cette indemnité, le salarié doit justifier de l'exécution de son nouveau contrat de travail.

Que devient le salarié à l'issue de la CRP ?

Lorsque le salarié cesse de bénéficier de la CRP, il est tenu de s'inscrire comme demandeur d'emploi. Il bénéficiera, sans différé d'indemnisation ni délai d'attente, de l'allocation chômage.

La durée de versement de l'allocation chômage sera réduite du nombre de jours indemnisés au titre de la CRP.

Le salarié bénéficie toujours de mesures d'accompagnement. En effet, un projet personnalisé d'accès à l'emploi se substitue au plan d'action de reclassement personnalisé.

Quelle est la sanction en l'absence de proposition de convention de reclassement ?

Lorsque l'employeur ne propose pas au salarié la possibilité d'adhérer à la CRP alors qu'il y est tenu, il devra verser au Pôle Emploi une contribution égale à deux mois de salaire brut moyen.


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